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Une agriculture intensive mais en quoi ?

Publiée par Marie Boudewyn

Publiée le

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Transcription de la vidéo : 

« Dès qu’on parle d’agriculture, on parle souvent d’agriculture productive, au juste prix ou intensive. Mais qu’est-ce que ça veut dire exactement ? Intensive… qui atteint un fort rendement grâce à des efforts intenses ou à des moyens considérables. Moyens considérables… D’abord, il y a l’eau. Prenons ce champ de maïs, qui est une plante tropicale. Elle a donc besoin de chaleur et d’humidité pour se développer. En France, pour la chaleur, en été, ça va, par contre, pour l’humidité, c’est autre chose. Alors, on arrose, on arrose, parfois au point d’épuiser les nappes d’eau souterraines. Qu’est-ce qu’il y a d’autre ? Ah oui, on est intensif en intrants chimiques. Les intrants, c’est tout ce que l’agriculteur doit acheter pour produire, comme les insecticides, les herbicides, bref, les pesticides. Malheureusement, en quantités trop importantes, ces molécules chimiques déséquilibrent les écosystèmes, et se retrouvent aussi dans les nappes phréatiques. Ce système de production coûte de plus en plus cher aux agriculteurs. D’abord, parce que le gasoil augmente et ensuite car la fabrication de ces produits nécessite du gaz et du pétrole qui sont de plus en plus rares, donc de plus en plus chers. Au final, être intensif en énergie, c’est quand même être fragile dans le futur. Mais alors que faire ? Peut-on produire différemment ? Peut-on être intensif mais autrement ? Reprenons notre champ. Tiens ! En hiver, il est nu. Pas très intensif, ça. On pourrait cultiver de la moutarde, ou autre chose, et même associer plusieurs cultures à la fois. On augmenterait le rendement global de la parcelle, on serait donc plus intensif, mais intensif en quoi ? Ah oui, en soleil, qui est gratuit et abondant et que l’on capte via la photosynthèse. En plus, ces plantes permettent de réduire la pollution des nappes souterraines. D’ailleurs, quitte à cultiver quelque chose, autant mettre des légumineuses. C’est quoi, les légumineuses ? C’est par exemple les pois ou les lentilles. D’ailleurs, toutes les plantes ont besoin d’azote pour se développer. Seules les légumineuses peuvent capter l’azote présent dans l’air par leurs racines. En plus, quand on les récolte, elles laissent de l’azote dans le sol pour les cultures suivantes. Ainsi, on est intensif en engrais vert. La rotation des cultures, c’est une solution intéressante aussi. Quand chaque année, sur le même endroit, on cultive du maïs, les insectes qui s’en nourrissent se développent. Par contre, le nuisible du blé n’est pas le même que le nuisible du maïs, il n’est pas le même que celui du pois. Changer chaque année la culture sur une parcelle c’est empêcher les insectes de retrouver leur nourriture et leur habitat. On contrôle ainsi la population des insectes et donc on réduit l’utilisation des insecticides. On peut aussi planter des haies, elles offrent un habitat aux prédateurs d’insectes. Les oiseaux, par exemple. A la clé, moins d’insecticides. La présence d’arbres, c’est aussi une solution pour conserver l’humidité des parcelles. Tout cela, c’est être intensif en biodiversité. Pour finir, toutes ces alternatives nécessitent plus de bras. En moyenne, on sait que l’agriculture biologique emploie un tiers de main d’œuvre en plus. Mais au final, une agriculture intensive, ça veut tout et rien dire. Il faut juste savoir intensive en quoi. En eau, en intrants chimiques, en énergies fossiles, ou alors en soleil, en 

biodiversité, en hommes et en savoir-faire. »

Marie Boudewyn

Hongrie

Enseignant(e)

Disciplines :
  • Linguistique & littérature
  • Traduction & interprétation

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